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marsouin Châtenay 92

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mes aventures parachutistes!! l'épreuve de saut !!

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mes aventures parachutistes!! l'épreuve de saut !!

Message  junker le Jeu 17 Mai - 17:51

Pau, camps d'Astra- La BETAP- Le Brevet




Le 7 novembre 1955: Enfin me voici à Pau- La B.E.T.A.P, camps d'entrainement des parachutistes pour l'obtention du brevet militaire de saut. 266 ème promotion. Le matin: sport, mais ce sont des vacances par rapport aux épreuves de la Citadelle de Bayonne.Le cantonnement est fait de baraquements en bois, à peine chauffés; je grelotte la nuit. Par contre, la nourriture est bonne. J'ai retrouvé mon copain Nono; il est dans dans la même promotion que moi et j'ai le plaisir de lui raconter mes aventures. Nono: c'est la vedette de la promo 266. Les repas servis dans un self sur un plateau, c'est nouveau pour moi; on peut reprendre un plat si on le désire, épatant comme service. Je reprend vite du poids, l'entrainement et pépère.



14 novembre : Entrainement de sortie de porte sur une carcasse de Junker 52 au sol, avec les explications du Sergent Aréal ( que je retrouverai à Chypre comme Sgt-Chef largueur ). Egalement, entraînement au harnais; savoir s'harnacher correctement ( ne pas laisser les joyeuses coincés dans une sangle ); on se détend, il y a des sourires dans l'air, quand le moniteur nous promet des surprises à la tour de départ. Par contre, au moment des essais à la tour d'arrivée, on sourit moins; les contre- poids réglés pour ton poids de corps sont approximatifs et pour les grandes gueules, le contre-poids est allégé, la vitesse d'arrivée au sol est tout autre; le gars prend contact avec le sol à vitesse grand V; il a droit à une superbe gamelle avec le casque qui vient lui percuter le nez, ce dernier ne fait plus le fanfaron.



Et c'est l'épreuve de '' Brigitte '', la tour de départ, à ses pieds; on est tout petit, avec ses 18 mètres de haut; on devient humble avec de l'anxiété à revendre. On s'efforce de cacher sa trouille par des blagues, des rires, tout cela est nerveux. Il faut monter par une échelle métallique interne pour accéder à la plate-forme de saut, où les candidats sont harnachés à l'ouverture faisant office de porte d'avion; ceux qui se présentent à la porte sans crainte, ça va !, mais si par manque de confiance en lui le gars refuse de sauter par réflexe en voyant le vide, il ne se contrôle plus, il panique !, le candidat suivant le voyant pense: '' il va sauter ce con là, mais saute bon dieu..! '', le gars redescend, c'est l'humiliation, la punition devant le groupe, car il a désorienté celui-ci et semé le doute; on n'a pas envie de finir comme ça !.


Pour moi, pas de problème, je n'ai pas le vertige; je regarde en bas sans apréhenssion, le vide je connais par expérience. Plus tard, dans mon métier, je serai appelé à faire des dépannages de micro-contact, sur des nacelles servant à poser des pannaeaux vitrés pour de gros chantiers; Maison de la radio à Paris, Base Aérienne 117 à Balard ( Paris ) à des hauteurs de plus de cent mètres, suspendu aux bras support de la nacelle. Je suis prêt à la porte : '' GO ! '' avec la tape sur le dos, le même scénario se reproduira à chaque sortie de porte lors de sauts, que ce soit de Junker, de Dakota ou de Nord Atlas 2501. On a le droit de dire '' merde au Sergent ! '' mais une fois la porte passée, et là, rares sont ceux qui peuvent le dire; la gorge est serrée, les dents aussi, très dur de dire un mot à ce moment précis. Mon copain de chambrée a fait un refus de saut: puni , éliminé des paras, j'ai mal pour lui, '' un brave mec ''.

René Cadet, mon pote, qui restera avec moi dans toutes les aventures avec le Lieutenant-Colonel Bigeard, gueule à la porte '' merde pour le Sergent !! '', il attrape 50 pompes réglementaires, car il a commencé à crier la phrase en passant la porte et non pendant la chute libre.


21 décembre 1955: C'est le jour '' J '', de bonne heure, je suis sur le terrain avec la Promotion; on perçoit les parachutes ammenés par camions au terrain d'aviation ou les Dakota attendent . Chaque parachute est numéroté et inscrit sur un régistre de vol avec le nom du propriétaire provisoire. Je vérifie tout de suite si rien de suspect n'apparaît, car les anciens disent: '' tiens !, il y a de la paille qui dépasse du dorsal, ah !! les cons !!,quelle angoisse, bien sûr je sais que cela n'est pas vrai, mais c'est plus fort que moi, il faut que je vérifie; puis pendant le temps de pose, le chef nous dit de nous vider la véssie, on appelle cela :'' le pipi de la peur '' !, une fois harnaché, aidé par le camarade ou un Chef qui observe nos équipements en nous disant un petit mot sympa, le moniteur a les yeux partout; il y a un gars qui a oublié de passer une sangle dans son entre-jambe, certainement l'émotion. Heureusement que le moniteur a l'oeil partout.


C'est comme un crabe maladroit que je me dirige dans la file qui mène à l'avion ou un escabeau nous permet de monter dans le '' zingue '' un gars chaque côté, sont là pour éviter qu'un para perdre l'équilibre en montant, je suis en cinquième position; assis face à face, les yeux sont ailleurs; les deux bras pliés sur le parachute ventral tenant l'accrochage au bout de la SOA , ( sangle du parachute qui se détachera à l'ouverture du parachute, et restera dans l'avion accroché au cable d'acier ), c'est dans la tête que tout se passe. Les moteurs sont mis en route dans un crachotement et de pétarade au démarrage des deux moteurs, puis un essais de puissance a fond fait vibrer tout l'appareil, on se regarde avec un sourire crispé, l'avion vibre d'enfer, une véritable caisse de résonnance,. Il roule pour se mettre dans le vent, en position de décollage, les moteurs lancés à fond le dakota roule de plus en plus vite et décolle dans un grondement de tout les diables. On est collé dans nos sièges le temps que l'avion prènne son altitude, puis à hauteur voulu, je deviens léger, quelques trous d'air nous tassent puis les moteurs deviennent moins bruyants.


Le moniteur nous fait chanter, les voix sont timides. '' Debout les paras il est tant de sauter sur notre patrie bien-aimée !!.'' quelques voix se font entendre, étouffées par les bruits du vieux coucou qui a du faire la guerre de 39/ 45, je regarde le largueur qui est le nez a la porte comme si rien n'était, '' debout ! Accrochez !! '', hurle le largueur; nous sommes debout, la sangle accrochée par le mousqueton au cable d'acier, la dernière vérif, on se numérote, en criant notre numéro ''1..! 2..! 3..! etc.'' une main sur le ventral l'autre tenant le mousqueton prêt à le faire glisser sur le cable d'acier, le pied gauche en avant; la sirène hurle d'un son sinistre le voyant rouge passe au vert.


Je ne vois que le dorsal du gars devant moi, je suis déjà à la porte en position, le regard vers l'horizon, la tape sur l'épaule donné par le largueur et le '' GO !!'' libérateur, mes mains sur les longeront de la porte, je lance le pied droit le plus loin possible, je crois avoir fermé les yeux ?, je suis happé par le vide, la dégringolade est très courte, un grand coup dans les épaules me remet à la verticale, puis plus un bruit, le silence, je suis léger, je lève les yeux vers la coupole de mon parachute, tout est bien, je fais mon tour d'horizon, quel sensation ..!,Je vois les copains se balancer un peu partout. Jackie Fièvre, René Cadet sont à 40/50 mètres de moi, un haut-parleur du sol donne des directives: ''traction à gauche !!, traction à droite !!, groupez-vous !!.. '' Je vois des gars qui s'activent au sol pour dégager la DZ ''dropp zone '',. Le sol arrive vite, les pieds bien groupés et jambes repliées, je me présente pile à l'arrivée au sol, roulé boulé sur le côté; la voilure s'affale doucement. Je ramène les suspentes sur moi pour que le parachute se dégonfle plus vite. Tout le monde est là; c'est la joie libératrice, une sensation de fierté d'avoir réussi. Je ramasse mon pépin et le plis dans mes bras comme on me l'à enseigné, pour le ramener vers mon stick. Ah..!. Les commentaires !. Nous sommes tous joyeux, plein d'anecdotes, c'est le grand relâchement. Je suis détendu et crevé à la fois. Les autres sauts se feront les 21 / 24 / 25 / 26 /28 /29 / novembre 1955. Fin de saut, tout le monde en tenue, présentation au drapeau de la 266ème promotion, remise du béret rouge et du brevet parachutiste dont le numéro est restait gravé dans ma mémoire, ce numéro110396, sera mon n° fétiche.


Ce sont les adieux aux moniteurs, nous , fiers du résultat, eux, un peu blasés mais satisfaits de leur mission. Retour à Bayonne; les nouvelles recrues nous regardent passer avec envie. Le service administratif est sous le commandement du Capitaine Porcher, et la formation de l'Escadron sera sous le commandement du Capitaine Le Boudec, ancien lieutenant du Lieutenant-Colonel Bigeard, au 6ème BPC en Indochine et héros de Diên Biên Phu, très gravement blessé et laissé mourant aux mains des Viets dans la rédition de la cuvette, totalisant onze citations, c'est un grand Chef. Notre commandant de l'Escadron de Jeeps Armées du 3ème R.P.C.
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