Biographie du Général d'Armée Philippe Leclerc de Hauteclocque (Maréchal de France à titre Posthume)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Biographie du Général d'Armée Philippe Leclerc de Hauteclocque (Maréchal de France à titre Posthume)

Message  marsouin Châtenay 92 le Lun 23 Juil - 6:49

Philippe LECLERC de HAUTECLOCQUE


Général d'Armée
Philippe LECLERC


Philippe François Marie, comte de Hauteclocque (autorisé à se nommer Leclerc de Hauteclocque par décret du 17 novembre 1945 publié aux JOs des 19 et 26 novembre 1945), est un militaire français, né le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard (Somme) et mort le 28 novembre 1947 près de Colomb-Béchar (territoire d'Ain Sefra, Algérie française). L'un des principaux chefs militaires de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, il a été élevé après sa mort à la dignité de maréchal de France.


**

Biographie:

Les jeunes années

Enfance


Armes des comtes de Hautecloque


Philippe de Hauteclocque, puis Leclerc de Hauteclocque est issu d'une famille enracinée en terre d'Artois, noble depuis 1163, dont la devise est : On entend loing sonner haulte clocque.

Petit-fils du comte Gustave de Hauteclocque (Arras, 1829 - Naples, 30 avril 1914), historien et archéologue, maire de Bermicourt et de Marie-Henriette de Morgan-Frondeville (+ Paris, 1908). Le couple a trois fils : Henry (1862-1914, Mort pour la France), Adrien et Wallerand (1866-1914, Mort pour la France).

Fils du comte Adrien de Hauteclocque (1864-1945) et de Marie-Thérèse van der Cruisse de Waziers (1870-1956), Philippe grandit au sein d'une famille catholique qui compte six enfants, outre lui : Guy (1892-1965), Françoise (1895-1919), Madeleine (1897-1935), Yvonne (1900-1967) et Colette (1906-1990).

Il passe la plupart de ses vacances en famille dans le village de pêcheurs d'Audresselles.

**


Etudes supérieures et militaires:

En 1922, après avoir préparé le concours à Sainte-Geneviève, il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion Metz et Strasbourg), dont il sort deux ans plus tard en tant que major de la cavalerie. Il entre alors à l'École d'application de la cavalerie de Saumur, dont il sort en 1925, là encore, en étant major.

Il épouse la même année, le 10 août 1925, Thérèse de Gargan qui a pour arrières-grands-parents le baron Théodore de Gargan et son épouse Marguerite de Wendel. Ils auront six enfants : Henri (1926-1952, Mort pour la France), Hubert, Charles, Jeanne, Michel et Bénédicte.

**


Débuts militaires:

Depuis 1918 (et jusqu'en 1930), la Sarre est sous occupation française en conséquence du Traité de Versailles (1919) faisant suite à la Première Guerre mondiale. Le jeune Philippe de Hauteclocque a pour première affectation le 5e régiment de cuirassiers à Trèves ; après y avoir passé un an, il obtient une affectation au 8e Spahis, au Maroc. Il participe à la pacification du territoire au cours de la guerre du Rif, durant laquelle il se distingue. En 1929, le commandement du 38e Goum lui est confié.

Il devient instructeur à l'École de Saint-Cyr en 1931. Lors d'un exercice à cheval, sa jambe se casse sous sa monture ce qui lui vaudra d'utiliser une canne tout le reste de sa vie. Au cours d'un second séjour au Maroc, il est promu capitaine en 1934, et obtient la Légion d'honneur. En 1938, il réussit le concours d'entrée à l'École de Guerre (appelé Collège interarmées de défense entre 1993 et 2011), dont il sort major en 1939.

Il est « issu d'une famille Action française jusqu'en 1940 ». Lui-même lit l'Action française, sans adhérer à l'ensemble de la doctrine, appréciant surtout l'exaltation des valeurs de la France monarchique contenues dans ce journal et le fait qu'il fonde sa politique sur cette notion : « Le présent vient du passé »6. Chevauchant à la tête de son escadron lors de la revue du 14 juillet 1936, et passant devant la tribune officielle où se tiennent Léon Blum et Édouard Daladier, il aurait brocardé ce dernier d'un « Pour le fusilleur, tête droite ! ».

**


Ruptures idéologiques:

Il rompt avec l'Action française en 1940, jugeant que le mouvement trahit ses idées et fourvoie les élites qui le suivent. Il se défait également, à cette même époque, des préjugés antisémites des milieux maurrassiens. Après la guerre, il n'évoquera plus Charles Maurras que pour juger sa philosophie critiquable et fera détruire les exemplaires du journal conservés à Tailly.

De tradition catholique, fervent pratiquant, il a manifesté toute sa vie son attachement à sa foi.

**


Seconde Guerre mondiale:

1939-1940 : la campagne de France

En mai 1940, Philippe de Hautecloque est capitaine d'état-major à la 4e division d'infanterie, en poste sur le front belge et dans la Poche de Lille. Lors de l'attaque allemande, il est fait prisonnier, mais parvient à s'échapper et à rejoindre les lignes alliées, où il reprend le combat.

Pour traverser les lignes ennemies de la poche de Lille en mai 1940, il déclare à l'officier allemand qui l'a capturé qu'il est réformé, inapte au service militaire, en lui montrant une ordonnance médicale datant du Maroc lui prescrivant de la quinine trois fois par jour. Grâce à ce subterfuge, on le laisse partir, et il peut rejoindre les lignes françaises sur le canal de Crozat.

Le 15 juin, il participe à une contre-offensive dans la plaine de Champagne, au cours de laquelle il est blessé à la tête. Les blindés allemands ont ouvert le feu sur la maison dans laquelle il se trouvait, et une partie du plafond s'est effondrée sur lui. La blessure ne semble pas l'affecter, à tel point qu'il continue le combat, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau fait prisonnier.

1940-1942 : poursuite de la lutte en Afrique

Evasion vers l'Angleterre:

Le 17 juin 1940, il parvient à s'évader et prend le parti de poursuivre la lutte. Il traverse la France à bicyclette, malgré l'occupation allemande, rejoint sa femme et leurs six enfants sur les routes de l'exode près de Libourne en Gironde. Après les avoir mis au courant de sa volonté de se battre, il se rend à Bayonne, où il obtient le 8 juillet un visa pour le Portugal, mais pas pour l'Espagne. Repassant la ligne de démarcation le 10, il est le lendemain à Perpignan, où il obtient son visa pour l'Espagne. Arrivé le 12 à Cerbère par le train, il est brièvement arrêté le 13 à Port-Bou par les douaniers espagnols, qui le font conduire à Figueras pour interrogatoire et jugement. Mais il s'échappe, prend le train de Madrid, et de là celui de Lisbonne où il arrive le 17 juillet. Embarqué le 20 juillet sur le SS Hilary, il arrive à Londres.

Rencontre avec De Gaulle:

Il se présente au général de Gaulle le 25 juillet. Afin d'éviter que des représailles ne soient dirigées contre sa famille, il a pris le pseudonyme de « François Leclerc », le patronyme étant très fréquent en Picardie et à Belloy même. Cette discussion a probablement changé sa vie. Le général de Gaulle, reconnaissant en lui un chef exceptionnel, le promeut de capitaine à chef d’escadrons dès leur première rencontre et lui donne pour mission de rallier l'AEF à la France libre.

Départ pour l'Afrique:

Le 6 août 1940, il quitte l'Angleterre pour le Cameroun avec René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. Le voyage se fait à bord d'un hydravion (Sunderland, le Clyde). Il atterrit à Lagos le 10 août 1940. Vingt jours plus tard, il débarque de nuit en pirogue à Douala avec 22 hommes. Il fait la connaissance du commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à la tête d'un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Il parvient à convaincre les autorités fidèles à Vichy de s'effacer et rallie le Cameroun, le Tchad et le Congo à la cause de la France libre sous l’égide de Félix Éboué et de Larminat.

Jugeant son grade de commandant insuffisant, face au gouverneur général et au lieutenant-colonel Bureau, commandant les troupes à Douala, il arrache les quatre galons de sa manche gauche pour en recoudre un sur celle de droite : le voici colonel, lui qui n'était qu'un simple capitaine un mois plus tôt.

Leclerc est nommé Commissaire général du Cameroun et le 28 août, c'est toute l'AEF, à l'exception du Gabon qui s'est ralliée au Général de Gaulle. Celui-ci, au cours d'une visite à Douala le 8 octobre, donne son accord à Leclerc pour tenter de rallier le pays à sa cause. Avec l'aide des Forces françaises libres, repliées après l’échec de l’expédition de Dakar (23-25 septembre), Leclerc débarque près de Libreville le 8 et le 10 novembre, le Gabon se joint à la France libre.

Promotion au grade de Colonel:

Leclerc est alors officiellement confirmé au grade de colonel par le général de Gaulle, grade qu'il s'était auto-attribué « comme par enchantement », selon l'expression de De Gaulle, en arrivant au Cameroun pour ne pas être en infériorité hiérarchique par rapport au lieutenant-colonel Bureau en poste à Douala, et il est désigné comme commandant militaire du Tchad.

La France libre a pour la première fois une assise territoriale et stratégique significative.

À partir de ces bases, sa colonne, qui compte notamment le capitaine Massu, effectue des raids de plusieurs milliers de kilomètres au milieu du désert, avec un équipement peu adapté aux conditions climatiques et au sol sableux et se dirige vers des postes italiens. Ayant pris l'oasis de Koufra (28 février 1941) avec un canon et 300 hommes seulement, il fait le serment avec ses soldats de ne pas déposer les armes avant d'avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg.

Le 16 juin 1941, il est déchu de la nationalité française par un décret du gouvernement de Vichy. Le 11 octobre suivant, la cour martiale de Gannat le condamne à mort par contumace et à la confiscation de ses biens pour « crimes et manœuvres contre l'unité et la sauvegarde de la patrie ».

Campagne du Fezzan:

En février-mars 1942, il mène une campagne dans le Fezzan. Nommé le 25 mars commandant supérieur des troupes de l'Afrique française libre, il part pour Brazzaville, laissant le colonel François Ingold à la tête des troupes du Tchad. Le 22 septembre, de Gaulle lui donne l'ordre de conquérir le Fezzan et d'avancer jusqu'à Tripoli, de même qu'il prescrit l'envoi de troupes au Niger, afin de rallier à la France libre l'Afrique occidentale française (objectif qu'il abandonne finalement à la mi-novembre). Lancée le 22 décembre, l'offensive sur le Fezzan conduit la colonne Leclerc, forte de 4 000 Africains et 600 Européens appuyés par le groupe Bretagne, à Sebha le 12 janvier, Mourzouk le 13 et Tripoli le 25. Le 2 février 1943, il rencontre à Ghadamès le général Delay, commandant le front est du Sud algérien. Puis, rejoint par la colonne volante détachée des Forces françaises libres du Western Desert, il participe avec la 8e armée britannique à la campagne de Tunisie. Après la bataille de Ksar Ghilane, où la Force L (L pour Leclerc) résiste à une attaque allemande, il s'empare de Gabès, puis entre à Kairouan le 12 avril. Huit jours plus tard, il participe au défilé de la victoire à la tête d'un détachement de tirailleurs.

**


1943-1945 : Libération de la France et fin de la Seconde Guerre mondiale

Maroc : l'outil se forge

Leclerc est nommé général de division le 25 mai 1943, la Force L devenant 2e division française libre (2e DFL) le 30. Renvoyée par le général Giraud en Libye le 10 juin, sa division reçoit le renfort d'évadés de France par l'Espagne et d'unités issues des troupes vichystes ralliées de l'Armée d'Afrique. Rebaptisée 2e division blindée (2e DB) le 24 août, elle est réorganisée sur le modèle américain, et rejoint, en septembre, le camp de Temara, au Maroc, où elle demeure jusqu'en avril 1944 pour y parfaire son entraînement et compléter ses effectifs. Il reçoit enfin l'affectation d'un régiment de chasseurs de chars, le RBFM qui lui avait été promis.

Le 10 avril 1943, la 2e DB au complet entame son embarquement pour l'Angleterre, où elle est affectée à la 3e armée américaine du général Patton. Une grande unité française va combattre sous commandement US, armée, équipée et structurée à l'américaine.

Débarquement en Normandie:

Envoyée en Normandie, la 2e DB débarque le 1er août 1944 dans la Manche, sur la plage de Saint-Martin-de-Varreville, et va établir son premier camp à Vesly, dans un champ dénommé « champ Robert », où elle séjournera dix jours, le temps de s'organiser avant de faire route sur Argentan et Alençon, tout en ayant au passage prêté main forte, lors de la fermeture de la poche de Falaise, à Chambois-Mont-Ormel. Faisant partie de la 3e armée du général Patton, la division de Leclerc, ou « division Croix de Lorraine », devient parfois même le fer de lance des attaques américaines. Sa division libère, le 12 août, Alençon, s'illustre dans la forêt d'Écouves, mais bute, le 13 août, sur Argentan, qu'elle ne peut investir, gênant, en fait, les mouvements américains. Leclerc demande alors l'autorisation de quitter le théâtre des opérations en Normandie, pour : « Ne plus perdre un seul homme ici et libérer Paris, la capitale de la France. ».

Il aura à sa disposition un char PC de commandement armé d'un simulacre de canon en bois, le Tailly.

Il pourra, au passage, le 2 août 1943, s'arrêter chez ses cousins à Sainte-Suzanne-Prétôt, chez Françoise de Hautecloque. Il en repartira accompagné des deux premiers engagés sur le sol de France (un neveu et son ami).

Marche sur Paris:

Avec l'accord qu'il a arraché à ses supérieurs, la 2e DB fonce sur Paris, si bien que, le 25 août 1944, le général Leclerc reçoit la reddition du général von Choltitz, gouverneur militaire allemand de Paris, à la gare de Paris-Montparnasse. La capitale a été libérée en deux jours, dans un mélange de liesse et de coups de feu. Les généraux de Gaulle et Leclerc descendent côte à côte l'avenue des Champs-Élysées alors qu'éclatent encore des accrochages sporadiques.

Autorisé à prendre une courte permission chez lui à Tailly où il se rend en avion, il retrouve sa famille qu'il n'avait pas vue depuis 4 années. Il rentre après 2 jours de séjour accompagné de ses deux fils ainés, Henri (18 ans) et Hubert (17 ans) qui s'engagent dans les unités de la 2e DB. Le combat reprend, en famille.

Marche sur Strasbourg:

Partie de Paris le 8 septembre 1944, le 2e DB se dirige vers l'est; ce seront les combats contre le général von Manteuffel où la 112e Panzerbrigaden est écrasée à Dompaire le 13 septembre perdant 59 chars. Après une pause imposée par le commandement américain, l'axe de parche est dirigé sur Strasbourg.

Avant la fin de l'année 1944, le 23 novembre, ses troupes libèrent Strasbourg, à l'issue d'une charge parie de Baccarat et traversant des cols difficilement praticables. C'et l'occasion d'une prise d'armes à Strasbourg pour rappeler que le serment de Koufra a été tenu.

Cependant, Leclerc est cloué en Alsace et doit se battre contre sa hiérarchie. Sa Division est bloquée dans la plaine d'Alsace inondée, en position défensive. Il va travailler à la réduction de la poche de Colmar puis à celle de Royan. Ses relations seront difficiles avec Monsabert. Leurs conceptions militaires s'affrontent.

**


En Allemagne:

Dans les premiers jours de mai, passés en Allemagne, les soldats de la 2e DB découvrent les horreurs des camps de concentration et portent secours à des Français rescapés de Dachau.

Affaire des Waffen-SS français

Préliminaires:

Pendant la pause face à la Vor Vogensen Stellung, Leclerc eut connaissance d'exactions allemandes. Il adressa une lettre de mise en garde au Kampfkommandant de Baccarat :

« L'armée allemande n'obéit plus, vis-à-vis des populations civiles, aux lois de la guerre. Des villages sont systèmatiquement brûlés, les habitants fusillés ou déportés... L'ordre de déportation de la population de Baccarat et de celle de Raon-l'Etape vient d'être donné... J'avertis officiellement le commandement allemand que je vais faire, au fur et à mesure, des constats et que je relève, chaque fois, les noms des officiers responsables. Quel que soit le nombre de semaines , de mois pendant les quels l'Allemagne réussira encore à prolonger la guerre, elle devra bientôt s'incliner. J'emploierais tout mon poids à ce que justice soit faite. »

— Général Leclerc au Général Feuchtinger

Le général Feuchtinger n'exécuta pas la déportation prévue, il déguerpit devant l'attaque du 29 octobre. Leclerc préfigurait ce qui allait venir.

Chronologie:

Ce sont les soldats français de Leclerc qui s'emparent le 5 mai 1945 du Kehlsteinhaus, le « nid d'aigle » d'Adolf Hitler, à Berchtesgaden, en Bavière, quelques jours avant l'armistice du 8 mai. Le 6 mai au matin, Leclerc prend ses quartiers dans le village de Bad Reichenhall (Haute-Bavière), non loin de Berchtesgaden.

Rencontre et échanges:

Le 6 mai 1945, douze Waffen-SS français, issus pour la plupart de la division Charlemagne ont été capturés par les Américains. Ils sont remis à la 2e DB. Quelques clichés photographiques ont été pris lors de cette rencontre entre Français. Leclerc a un bref échange avec les prisonniers, demandant à l'un d'eux : « N'avez-vous pas honte de servir sous cet uniforme ? ». Le SS français aurait alors répondu que Leclerc porte lui-même un uniforme américain (Leclerc porte effectivement une tenue de combat d'origine américaine et des guêtres anglaises mais des insignes français ; il sert toutefois sous les couleurs françaises, en obéissant à une autorité politique française, et est donc « sous uniforme français »).


Suite:

Selon les témoignages existants, Leclerc aurait ensuite quitté les lieux, déclarant sur le ton de l'agacement « Débarrassez-moi de ces gens-là ! ». Le GPRF, informé de l'existence des prisonniers, ne reçoit plus ensuite aucune nouvelle et s'en inquiète par télégramme le 18 mai. Les autorités de Paris ignorent alors que les douze SS français ont été fusillés, le 7 ou le 8 mai, dans une clairière, au lieu-dit Kugelbach par groupe de quatre, par des soldats du régiment de marche du Tchad (des républicains espagnols de la "Nueve"). Ils ont été assistés religieusement par le père Gaume, aumônier d'un groupe d'artillerie de la division. L'exécution des prisonniers ne s'est accompagnée d'aucun jugement, le tribunal militaire de la 2e DB ne s'étant pas réuni pour l'occasion. Plusieurs décennies après les faits, la responsabilité de cet acte, qui s'inscrit dans le cadre plus large de la répression de la collaboration avec l'Allemagne nazie, n'a pas pu être déterminée. Le père Gaume, désigné pour assister les fusillés, aurait déclaré que la décision d'exécuter les prisonniers aurait été prise « à l'état-major » de la division. Le 2 août 1948, le même père Gaume déclare aux gendarmes du Dahomey que l'ordre de fusiller les prisonniers avait été donné par « le commandant français », sans plus de précisions.

Exécution:

Au moment de l'exécution, le lieutenant Morvan, qui commandait l'un des pelotons, aurait évoqué « le haut État-major de la division ». Jean-Christophe Notin, biographe de Leclerc, estime impossible de déterminer ce que recouvre exactement le terme « le haut État-major de la division », comme de conclure si l'ordre d'exécution a été donné par Leclerc lui-même, « travaillé par les horreurs de Dachau, révolté par l'arrogance des prisonniers » et qui aurait alors cédé à un accès de colère, ou par un de ses officiers supérieurs, qui aurait interprété le « Débarrassez-moi de ces gens-là ! » de Leclerc comme un ordre de les fusiller. Jean-Christophe Notin estime que « l'affaire est grave, puisqu'elle mêle l'icône de la Libération à l'exécution de douze prisonniers » mais, en l'absence de toute conclusion définitive, replace cet évènement dans le contexte « des horribles visages de la guerre, qui n'en a que très peu de beaux ».

**


Extrême-Orient:

La voix teintée d'émotion, le 21 juin, Leclerc fait ses adieux avec solennité à sa division. Il la quitte pour rejoindre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, en Indochine française, que l'Empire du Japon occupe depuis 1940 et contrôle totalement depuis le coup de force du 9 mars 1945.

Le 2 septembre 1945, c'est Leclerc qui signe, au nom de la France, l'acte de capitulation du Japon, à bord du cuirassé USS Missouri, en rade de Tokyo.


Leclerc signant l'acte de capitulation du Japon
à bord de l'USS Missouri



Insigne de la 2e division blindée
fabriqué en Angleterre avant son débarquement en Normandie.
Cet emblème représente la France,
avec en son centre la croix de Lorraine.



Photos du Général LECLERC de gauche à droite:

(1) Le Général LECLERC discute avec des soldats du 501è RCC

(2) Le Général LECLERC avec des soldats de la 2è DB

(3) Le Général LECLERC dans son poste de commandement de Fleuré-Ecouché

(4) Le Général LECLERC,accompagné des représentants des autres nations alliées,pendant le discours du Général MACARTHUR,après la reddition du JAPON


**


Après-guerre:

Il participe également à la reconquête de l'Indochine : La destruction de l'administration coloniale par les Japonais en mars 1945, puis la reddition des Japonais en août, ont laissé le territoire indochinois en plein chaos, les indépendantistes vietnamiens, cambodgiens et laotiens ayant les mains libres. Arrivé en octobre 1945, après la capitulation du Japon et la proclamation de l'indépendance par Hô Chi Minh le 2 septembre 1945, il parvient à rétablir la souveraineté française dans toute la Cochinchine et le Sud-Annam le 29 janvier 1946, tout en étant lucide sur la nécessité d'une solution politique. Au Tonkin, Hô Chi Minh accueille Leclerc favorablement, le 26 mars 1946 à Hanoï. En effet, celui-ci était pour la résolution de la crise qui secouait la colonie française par la voie politique.

En 1946, Leclerc est nommé inspecteur général en Afrique du Nord.

Décès et controverse sur ses circonstances

Accident d'avion du général Leclerc:

Le 28 novembre 1947, au cours d'une tournée d'inspection en Afrique du Nord, son avion, un B-25 Mitchell est pris dans une tempête de sable. On suppose que le pilote est descendu à basse altitude pour trouver des repères géographiques, mais l'avion a percuté le remblai de la voie ferrée, à côté du Djebel Aïssa, non loin de Colomb-Béchar. Les douze occupants de l'appareil sont tués sur le coup. Un treizième cadavre a été retrouvé dans la carcasse de l'avion. Ce treizième corps, jamais identifié, a alimenté l'idée d'un complot.

Conrad Kilian, mort le 30 août 1950 dans des circonstances controversées, est le premier à lancer l'idée : l'Angleterre aurait fait assassiner Leclerc à cause de la guerre secrète du pétrole dans le Fezzan, dans la partie ouest de la Libye. Cette théorie est reprise par la suite par d'autres sources. Aucune preuve ne permet toutefois d'étayer cette thèse, et Killian avait été qualifié de mythomane par Leclerc lui-même.

Au contraire, Jean-Christophe Notin démontre que l'avion, modifié pour accueillir des passagers et déséquilibré par l'ajout d'une couchette à l'arrière, aurait simplement décroché alors qu'il volait à basse altitude, ainsi qu'il avait tendance à le faire à la suite de ces modifications. Selon la même source, qui cite plusieurs exemples, Leclerc avait à de nombreuses reprises durant la seconde guerre mondiale forcé des équipages à voler dans des conditions plus que défavorables, ce qui provoqua plusieurs accidents.

Les légionnaires bâtiront en 1957 le « monument Leclerc », qui n'existe plus, sur le lieu de l'accident. Quelques vestiges ont été ramenés et déposés au Fonds historique maréchal Leclerc à Saint-Germain-en-Laye. Le monument est toujours bien visible sur Google Earth.

Hommages posthumes:

La nouvelle de ce décès est un choc pour une France qui se relève difficilement d'une terrible guerre, et qui voyait en cet homme le libérateur de Paris et de Strasbourg, celui qui avait lavé l'affront de la défaite de 1940. Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Nationale vote à l'unanimité les obsèques nationales, sur une résolution déposée par le député René Pleven. Après un hommage national à Notre-Dame, la 2e DB escorte son chef vers l'Arc de Triomphe, où une foule de Français viennent s'incliner devant le cercueil du général d'armée. Il est inhumé dans la crypte des Invalides, dans le caveau des Gouverneurs.

Il a été élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume par décret du 23 août 1952.

Le 30 novembre 1997, pour le cinquantenaire de l'anniversaire de son décès, une homélie ainsi qu'une messe sont célébrées en la cathédrale d'Amiens par l'évêque d'Amiens et par le père Maurice Cordier, ancien combattant de la 2e DB et aumônier général des anciens de la 2e DB.

**


Carrière militaire:

États de service:

9 septembre 1924 : Nommé sous-lieutenant,
Promotion Metz-Strasbourg de Saint-Cyr (5e de promotion sur 344 élèves), Affecté au 24e Régiment de Dragons

26 octobre 1926 : Promu lieutenant

8-10-1926 : affecté au 8e régiment de spahis marocains

19-9-1928 : Instructeur à l'école des élèves officiers marocains

15-7-1930 : affecté au 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique

24-5-1931 : Instructeur de cavalerie à l'École Spéciale Militaire

25 décembre 1934 : Promu capitaine

11-6-1938 : Breveté observateur en avion no 3993

1-11-1938 : Élève à l'École supérieure de guerre

1939 : Brevet d'État-major (60e promotion)

13-2-1940 : Chef du 3e bureau à la division cuirassée de l'état-major

1-6-1940 : Fait prisonnier mais libéré.

15-6-1940 : Blessé, fait prisonnier

17-6-1940 : Évadé

25-7-1940 : Rejoint la France libre à Londres

31 juillet 1940 : Promu commandant

27-8-1940 : Rallie le Cameroun à la France libre

25 novembre 1940 : Auto-promu colonel, sans avoir jamais été lieutenant-colonel, sera confirmé ensuite dans son grade par le général de Gaulle

25-11-1940 : Commandant du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad, et dirige les opérations Mourzouq et Koufra

10 août 1941 : Nommé général de brigade à titre provisoire

14 avril 1942 : Nommé général de brigade à titre définitif

25 mai 1943 : Promu général de division

6-1943 : commandant de la 2e D.F.L.

1-9-1943 : Commandant de la 2e D.B.

20-2-1945 : Commandant du 3e C.A.

25 mai 1945 : Élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée

18-8-1945 : Commandant du corps expéditionnaire d'Extrême-Orient à Saïgon, délégué général du haut-commissaire de France en Indochine

2-9-1945 : signataire, au nom de la France, de l'armistice avec les japonais à Tōkyō

19-11-1945 : autorisé à rajouter le patronyme Leclerc à son nom de naissance

18-3-1946 : Entre à Hanoï

14 juillet 1946 : Élevé aux rang et appellation de général d'armée

25-12-1946 : Chargé de mission par le président de gouvernement en Indochine

12-4-1947 : Nommé inspecteur des Forces terrestres, maritimes et aérienne d'Afrique du Nord

1-7-1947 : Nommé membre du Conseil supérieur de la Défense nationale

28-11-1947 : Décès en service commandé, à Colomb-Béchar, au cours d'une mission d'inspection (écrasement d'avion)

23 août 1952 : Élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume

**


Décorations principales:

Décorations françaises:

Grand-croix de la Légion d'honneur: (08/05/45); chevalier (20/12/35), officier (06/02/45 avec effet rétroactif au 25/05/43), commandeur (04/02/45 avec effet rétroactif au 25/08/44), grand officier (11/02/45 avec effet rétroactif au 25/12/44).

Compagnon de la Libération: - décret du 6 mars 1941

Médaille militaire: (06/06/46).

Croix de guerre 1939-1945: (8 citations à l'ordre de l'armée)

Croix de guerre des TOE (2 palmes)

Médaille de la Résistance avec rosette:

Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre

Médaille commémorative de la guerre: 1939-1945

Médaille coloniale avec agrafes: "Maroc" "Fezzan" "Koufra" "Tripolitaine" "Tunisie" "Extrême-Orient"

Médaille des évadés:

Médaille des Blessés:


**


Décorations étrangères:

Belgique : Commandeur puis grand officier de l'Ordre de la Couronne, Croix de guerre 1940-1945 avec 1 palme.

Luxembourg : Grand-croix de l'Ordre de la Couronne de chêne, Croix de guerre 1939-1945

Etats-Unis : Commandeur en chef de la Legion of Merit, Presidential Unit Citation, Silver Star Medal, Bronze Star.

Royaume-Uni : Compagnon de l'Ordre du Bain, Distinguished Service Order.

Pologne : Ordre du Virtuti Militari.

Tchécoslovaquie : Croix de guerre 1939-1945 , Ordre du Lion blanc.

Grèce : Croix de guerre de première classe.

Espagne : Ordre de la Paz au Maroc.

Maroc : Grand-croix du Ouissam alaouite chérifien, médaille du Mérite militaire chérifien.

Tunisie : Grand-croix du Nicham Iftikhar.

Cambodge : Grand-croix de l’Ordre royal du Cambodge

Laos : Grand-croix de l’Ordre du Parasol blanc et de l’Ordre du Million d'Éléphants.


**


Monuments et Stèles du Général





Monuments et Stèles du Général de gauche à droite


(1) Monument à Aulnay-sous-Bois

(2) Monument à Poissy

(3) Plaque commémorative aux Invalides, à Paris

(4) Plaque commémorative à Wasselonne

(5) Plaque commémorative à Grugé-l'Hôpital

(6) Monument Leclerc à Domalain

(7) Timbre du Kirghizistan à l'effigie du maréchal Leclerc
avatar
marsouin Châtenay 92
Admin

Messages : 849
Date d'inscription : 06/02/2009
Age : 64
Localisation : PERPIGNAN (66000)

Voir le profil de l'utilisateur http://famille-raphael.forumactif.com/forum

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum