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L'attentat, hantise des Français en Afghanistan

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L'attentat, hantise des Français en Afghanistan

Message  marsouin Châtenay 92 le Ven 17 Juil - 10:51

Lundi 13 juillet 2009

L'attentat, hantise des Français en Afghanistan





Basés à Nijrab, le camp tenu par les soldats du 3e Rima de Vannes, les véhicules de l'avant blindé (VAB) sont conçus pour encaisser le souffle d'un explosif. : Marc Mahuzier.



C'est la principale menace, bien avant les affrontements directs. Hier encore, quatre soldats de l'Otanont été tués dans des attaques à l'explosif. L'été risque d'être dur pour les soldats venus de Vannes.



Reportage

BASE DE NIJRAB (de notre envoyé spécial en Afghanistan). ¯ Les deux hélicoptères ne sont restés au sol que quelques minutes. Le temps de compléter leurs munitions et les voilà repartis dans la vallée. En bas, depuis une heure, ça tiraille entre talibans et soldats français du 3e Rima (Régiment d'infanterie de marine, basé à Vannes). Combat inégal qui, avec l'appui apporté par les appareils américains, armés de canons de 20 mm et de lance-roquettes, va vite tourner au désavantage des « insurgés ».

À 11h, l'opération est terminée, sans pertes, du moins côté français. Elle avait commencé dans la nuit par le départ discret, depuis la base de Tagab, d'une patrouille d'une trentaine d'hommes renforcée par des éléments de cette armée afghane que l'Otan veut faire exister. Au petit matin, dans la vallée d'Alasay, les soldats ont investi quatre « campangs », grosses maisons en terre qui sont l'habitat classique des Afghans. Des fouilles ont été menées. Et c'est en se retirant, comme cela arrive souvent, que les soldats ont essuyé des tirs auxquels ils ont répliqué.

« L'ennemi, c'est l'IED »

« Des renseignements nous avaient indiqué la présence d'IED » , explique le colonel Francis Chanson, qui commande le GTIA (Groupement tactique interarmes) de Nijrab. « IED » ? C'est le mot qu'on entend le plus souvent dans la bouche des soldats. « Improvised explosif devices », autrement dit les engins explosifs improvisés. Pas de semaine qui passe sans qu'ils ne fassent des victimes. Encore début juillet avec la mort de 25 civils dans le sud de Kaboul avec un camion piégé. Ou quelques jours plus tôt quand deux militaires anglais ont été tués.

Davantage que les embuscades, ils sont devenus la crainte numéro 1 des soldats de l'Otan. « Quand ils essaient de nous attaquer directement, le plus souvent, ils échouent. Notre principal ennemi, c'est l'IED » , assure le colonel Chanson.

La fin des moissons a libéré des bras. Les chemins de muletiers, pour franchir les cols depuis le Pakistan, sont tous praticables. Et, selon le colonel Chanson, il faut craindre un « retour en volume de l'insurrection » . Dans toutes les bases, le niveau de sécurité est au maximum. Quand les militaires sortent à l'extérieur, c'est toujours en convoi blindé, avec casque, gilet pare-balles et consignes draconniennes.

Ce jeudi matin, il s'agit justement d'escorter trois poids lourds qui transportent du matériel du camp de Warehouse, à Kaboul, jusqu'à la base de Nijrab, en Kapisa. Pour assurer la sécurité, pas moins de six VAB (Véhicules de l'avant blindé). À l'arrière, deux gunners, l'un armé d'un pistolet-mitrailleur, l'autre d'une mitrailleuse, la fameuse 12,7. Et du matériel de brouillage contre le déclenchement à distance de charges explosives par téléphone portable.

Trois heures de trajet à un train d'enfer. Pas question de s'arrêter : trop dangereux. Debout à l'avant du blindé de tête, un soldat fait signe à tous les camions, voitures, motos venant en sens inverse, de dégager. Les gestes sont impérieux, appuyés par une sirène. Gare à celui qui traînerait : les soldats sont autorisés à tirer des coups de semonce.

Face aux embuscades rouler vite

Ça roule vite, environ 70-80 km/h, « pour éviter les embuscades » , explique le lieutenant qui commande le convoi. Début juin, sur cette même route, l'un d'eux a essuyé un tir de rocket. Mais plus qu'un accrochage, c'est l'attentat à l'explosif que chacun redoute : « Les IED, c'est notre hantise. »

Depuis que les soldats utilisent des brouilleurs, les mises à feu se font plutôt par fil. C'est moins discret, mais quand la route est en travaux, comme c'est souvent le cas entre Warehouse et Nijrab, les dispositifs sont difficiles à repérer. Le convoi vient de passer un village. « Ici, la semaine dernière, on a ramassé un IED de 20 kg. Le déclenchement se faisait derrière un mur » , indique le lieutenant.

Le VAB encaisse le souffle

Dans les villes et les faubourgs, on redoute plus l'attentat suicide. Par piéton et surtout voiture au coffre bourré d'explosifs, la mise à feu se faisant avec des capteurs dans le pare-chocs avant. Heureusement, se rassurent les soldats, il y a le VAB.

Avec son chassis légèrement conique, ce véhicule amphibie construit dans les années 1970 s'avère une protection particulièrement efficace. Il encaisse beaucoup mieux le souffle que les lourds Hummer à fond plat de l'armée US. Fin juin, un VAB a sauté sur 20 kg d'explosifs commandés à distance. Deux blessés, dont un grave. Mais pas de mort.

Les Français ont d'ailleurs pris la décision de ne plus utiliser qu'eux. Au camp de Warehouse, les mécaniciens du 2e Régiment du matériel de Bruz (Ille-et-Vilaine) alignent d'épuisantes journées pour finir d'équiper ceux reçus en renfort depuis la France.

Au blindage, ils ajoutent des carrelettes de céramique qui offrent une protection supplémentaire. Car, nombre de militaires en sont convaincus : avec les élections qui approchent, « l'été risque d'être dur ».


Marc MAHUZIER.
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http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-L-autre-bataille-des-soldats-francais-en-Afghanistan-_3637-1002731_actu.Htm

Dimanche 12 juillet 2009


L'autre bataille des soldats français en Afghanistan




La consultation du samedi matin, au camp de Nijrab, tenu par les soldats du 3e Rima de Vannes. : Marc MAHUZIER.


Pour reconquérir l'opinion, choquée par les frappes aveugles contre les talibans, ils multiplient les actions « civilo-militaires ». Notamment dans le domaine de la santé, où il y a beaucoup à faire.


Escorté par un soldat en armes, le petit groupe progresse dans la chaleur poussiéreuse du camp tenu par les hommes du 3e Rima de Vannes. Ils sont une dizaine, des enfants surtout, venus avec un parent pour la consultation du matin. Loïc, médecin principal, responsable de l'« infirmerie » de la base de Nijrab, les accueille.

Zardad, 12 ans, a été blessé par balle au ventre. Opéré à Kaboul, il est revenu dans sa famille mais a beaucoup maigri et vient se faire examiner. Zubaïr, 3 ans, s'est luxé un doigt en tombant. Quelques antalgiques feront passer la douleur.

« Gagner les esprits et les coeurs »

On vient pour un bébé brûlé par du thé bouillant, pour des douleurs au ventre, une vilaine coupure, une blessure qui s'infecte... Content de trouver médicaments et soins dans une région trop dangereuse pour les ONG. Entre quinze et vingt patients par jour, 2 500 en six mois. « Mais nous ne sommes pas là pour battre des records. Il existe un système de santé afghan et nous devons faire très attention à ne pas déstabiliser le peu qu'il y a sur place » , insiste Julien, un autre médecin.

Ainsi, avant d'aller chez les Français, le malade doit se rendre dans un dispensaire où un médecin afghan lui remettra un ticket s'il le juge utile. Des churas (réunions) sont régulièrement organisées à la base, pour faire le point sur les besoins médicaux. Des consultations ont aussi lieu dans les villages. « On en fait de plus en plus. Notre hiérarchie est complètement derrière nous » , se félicite le médecin.

« Gagner les esprits et les coeurs » . C'est la nouvelle consigne donnée aux soldats de l'Otan en Afghanistan. Il était temps. L'accumulation des victimes civiles s'ajoutant à un comportement des forces à la limite de la paranoïa - tout Afghan est perçu comme un danger en puissance - était en train de les transformer en une armée d'occupation. La nouvelle administration Obama veut mettre fin aux bombardements aveugles. Et tendre systématiquement la main à la population.

Sur le terrain, cela passe par des actions dites « civilo-militaires ». Distribution de nourriture, de vêtements. Et mise en oeuvre de projets plus ambitieux comme la construction de ponts, d'écoles ou de commissariats de police. L'aide médicale est l'un des aspects de cette nouvelle stratégie.

Bientôt, un scanner

Au camp de Warehouse, dans la banlieue de Kaboul, changement de décor. Une soixantaine de médecins, d'infirmiers et d'aides-soignants travaillent au Groupement médico-chirurgical. Des Français, mais aussi des Allemands et quelques Bulgares. Même si le camp de Nijrab n'a pas à rougir de son équipement, les moyens, ici, sont tout autres avec, notamment, un bloc chirurgical. On y opère des accidentés de la route, on y traite des cataractes. Une heure d'intervention et un aveugle voit à nouveau ! « Nous accueillons environ soixante patients par jour. Un quart d'enfants, mais très peu de femmes » , précise Michel, médecin chef. Dix lits d'hospitalisation permettent aussi de courts séjours.

Ces jours-ci, un nouveau palier va être franchi avec la mise en service d'un hôpital flambant neuf dans l'enceinte de l'aéroport. Un hôpital de campagne, certes, mais équipé d'un scanner de 15,5 millions d'euros. Destiné aux besoins militaires, « il pourra aussi être utilisé pour la population civile » , explique son directeur, le médecin chef Gilbert Pouliquen. Gagner les esprits et les coeurs.



Marc MAHUZIER.
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