AFGHANISTAN . Le chef de la Task Force Korrigan ne s'attend pas à une "victoire sur le moyen terme" ( Sources de l'Amicale du 3ième RIMa - 3ième RIC de VANNES )

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AFGHANISTAN . Le chef de la Task Force Korrigan ne s'attend pas à une "victoire sur le moyen terme" ( Sources de l'Amicale du 3ième RIMa - 3ième RIC de VANNES )

Message  marsouin Châtenay 92 le Mer 23 Sep - 9:39




http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-09-23/afghanistan-le-chef-de-la-task-force-korrigan-ne-s-attend-pas-a-une-victoire/1648/0/379421

Publié le 22/09/2009 à 19:14 - Modifié le 23/09/2009 à 07:10 Le Point.fr

AFGHANISTAN

Le chef de la Task Force Korrigan ne s'attend pas à une "victoire sur le moyen terme"
Par Jean Guisnel



Le Colonel Francis Chanson, patron de la Task Force Korrigan
composée de 750 soldats français, et basée en Afghanistan
© AFP/ SHAH MARAI


"Sur le moyen terme, il n'y a pas de victoire militaire à attendre." Au moins, c'est clair ! Et d'autant plus que cette constatation est la même sur le long terme ! Le colonel Francis Chanson, commandant le 3e régiment d'infanterie de marine en garnison à Vannes, est le patron de la Task Force Korrigan, composée de 750 soldats français opérant dans la région de Kapisa à partir de la base de Nijrab. Cette formule lucide se trouve en toutes lettres dans un rapport d'étape remis aux journalistes qui accompagnaient, le week-end dernier, le ministre de la Défense Hervé Morin en Afghanistan.

Dans ce document titré Tactique de contre-insurrection en Kapisa , dont Le Point publie la version intégrale , l'officier français est explicite : "La solution ne me paraît pas être dans la conquête militaire du terrain. Ainsi, seul un périmètre très réduit autour des postes avancés peut être considéré comme tenu pendant l'été. Elle n'est pas non plus dans l'élimination systématique des insurgés. L'érosion des effectifs rebelles au cours des affrontements ces dernières années n'a réduit ni le nombre des insurgés ni leur emprise sur la population." Il considère donc très précisément que les combats n'affaiblissent pas militairement l'adversaire, mais que c'est l'exploitation des combats "qui fait les victoires et donc la perception qu'en a la population". "L'effet des actions militaires se mesure à l'effet psychologique qu'elles ont sur la population. Les opérations doivent être menées dans ce but unique."

À lire ce texte, on comprend que la situation ne s'améliore pas, et qu'au contraire, elle s'envenime, au moins si l'on considère qu'un gage de l'efficacité d'une force militaire réside dans sa capacité à occuper le terrain. Rappelons que dans tous les manuels, les forces terrestres sont justement celles qui, les pieds ancrés dans le sol, assurent la permanence de la présence militaire, et tiennent le terrain. Or, dans le cas précis de l'Afghanistan, faute de troupes de la coalition en effectifs suffisants, ce terrain est le plus souvent laissé aux insurgés : "Plus les activités militaires croissent, plus la guerre tend à s'enraciner durablement. La culture de guerre est telle qu'il est illusoire de croire que l'insurrection nous laissera la place sans que nous occupions réellement tout le terrain. Comme les forces armées [coalition et ANA (Armée nationale afghane) comprises] n'auront jamais qu'une capacité d'occupation temporaire ou partielle, il nous faut renoncer d'emblée à contrôler militairement toute la zone d'action."

"Accepter les conséquences de la corruption"

Les pertes chez les insurgés, qui s'élèvent par dizaines, concernent des hommes du pays et, contre les forces de la coalition, "la vengeance est pratiquement une obligation sociale". Le colonel Chanson en vient à considérer que les pertes chez les insurgés doivent être réduites autant que possible. Il convient, à ses yeux, que l'objectif des engagements offensifs ne soit pas "la destruction mais l'attrition de l'adversaire" et que notre supériorité technique soit "valorisée lors de chaque affrontement". Vous avez dit supériorité technique ? Elle est plus qu'écrasante, en faveur de la coalition. Et pas qu'un peu : le 26 août dernier, les troupes du colonel Chanson ont saisi dans une cache lors de l' opération Bourgerie , parmi des armes et des munitions modernes, plusieurs dizaines de cartouches de calibre 303 pour des fusils Lee Enfield ! Or, il faut savoir que cette arme, certes excellente, date des conquêtes coloniales britanniques du XIXe siècle. À nous les Tigre, les Caesar et les Harfang, à eux les Lee Enfield... C'est avec ça qu'ils gagnent ! Dans cette guerre de huit années, la supériorité technique des forces de la coalition ne leur a aucunement apporté la victoire... Elle a juste permis qu'elles ne soient pas mises plus rapidement à la porte.

Reprenant les théories le plus en vogue actuellement, mais qui n'ont pas prouvé leur efficacité à ce jour, le colonel Chanson invite à son tour, mais avec force nuances, à "gagner les coeurs et les esprits". C'est la même tonalité que celle émise dans un autre texte par le chef de la coalition, le général McChrystal. Mais encore ? Francis Chanson ne dore pas la pilule : "Plus le traitement du volet sécuritaire est coercitif, plus la question des lignes d'opération de la gouvernance et du développement est complexe." Il estime que le respect des moeurs locales (sort fait aux femmes, par exemple ?) n'est pas suffisant, et qu'il faut aller plus loin pour "conduire à la confiance réciproque". Mais alors, ce sont nos troupes qui manquent de maturité et d'expérience : "D'abord, il n'est pas raisonnable de demander cela à des jeunes gens", explique l'officier.

Passer du brûlant au tiède, du tir de Famas contre les insurgés à la distribution de vivres à ceux qui les hébergent, "demande intelligence et force de caractère". Ces changements d'attitude "ne peuvent être exécutés que par des soldats calmes et froids". "Le rôle du commandement est donc de dépassionner le conflit." Et là, une remarque en forme d'autocritique, assez inhabituelle : "Plutôt que de chercher à conquérir le coeur des habitants, la Force doit chercher à endurcir le sien." Autre remarque peu lue ces derniers temps : "Il faut accepter les conséquences de la corruption" et en répartir les "bénéfices" afin de "s'en servir comme d'un moyen d'action sur les grandes lignes de fracture entre communautés".

Si la lucidité est une vertu, Francis Chanson gagnera le premier prix. Sinon...




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« Nulle voix n’est plus qualifiée pour s’élever en faveur de la paix que celle des hommes qui ont combattu dans les guerres »
Ralph Bunche (1903-1971) : Prix Nobel de la paix en 1950


Thierry PETITPAIN
06.65.73.78.06


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RAPPORT DU COLONEL CHANSON
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